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Parc hôtelier de centre-val de loire
Parc hôtelier de Centre-Val de Loire

Parc hôtelier de Centre-Val de Loire

Ratios et indicateurs en hôtellerie /
Par
Centre-Val de Loire est une région au cœur de la France, traversée par la Loire et ses affluents, dont le Val de Loire est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2000. Ce territoire de 6 départements conjugue une attractivité touristique d'exception — châteaux royaux, vignobles, villes d'art et d'histoire — et un tissu économique solide dominé par les industries pharmaceutique, cosmétique et logistique. Cette dualité se reflète dans la composition de son parc hôtelier, qui accueille aussi bien une clientèle touristique internationale qu'une clientèle d'affaires nationale. Avec 591 hôtels en 2026 et près de 20 500 places, la région dispose d'une offre hôtelière conséquente, mais inégalement répartie entre l'Indre-et-Loire — premier département hôtelier régional grâce à l'attractivité de Tours et du Val de Loire touristique — et les départements plus ruraux comme l'Indre ou la Haute-Saône. La période 2024-2026 est marquée par une contraction significative du nombre d'établissements, alors que la capacité totale reste quasi stable, révélant une concentration du parc vers des structures plus grandes et mieux positionnées.

Cette analyse s'appuie sur les données officielles de l'INSEE issues de l'enquête TOUR_CAP_HOTELS et couvre trois millésimes consécutifs — 2024, 2025 et 2026 — pour les six départements de la région : le Cher (18), l'Eure-et-Loir (28), l'Indre (36), l'Indre-et-Loire (37), le Loir-et-Cher (41) et le Loiret (45).

 

Chiffres clés 2024 — 2025 — 2026

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Évolution du nombre d'établissements hôteliers

Centre-Val de Loire comptait 620 hôtels au 1er janvier 2024. Le parc s'est maintenu quasi stable en 2025 (621 établissements, +1), avant de subir une chute marquée en 2026 (591 établissements, −30, soit −4,8 %). Sur l'ensemble de la période, la région perd 29 hôtels, représentant une contraction de 4,7 % du parc régional. Cette accélération brutale en 2026 constitue un signal préoccupant, qui dépasse la tendance nationale moyenne.

Les disparités entre départements sont très prononcées. Le Cher (18) est le seul département à maintenir un parc rigoureusement stable sur les trois années (67 hôtels en 2024 comme en 2026). L'Indre-et-Loire subit la plus forte contraction, aussi bien en valeur absolue (−17 hôtels) qu'en proportion (−8,9 %), ce qui interroge sur la fragilité d'une partie du parc touristique lié aux châteaux de la Loire. À l'opposé, le Loiret a connu une progression en 2025 (+4 hôtels) avant de refluer en 2026.

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Analyse département par département



  • Cher (18)  —  Le Cher présente la stabilité la plus remarquable de la région : 67 hôtels sur les trois années, sans aucune variation. Sa capacité en places progresse même légèrement (+46 places, +2,2 %), portée par la montée en gamme de quelques établissements à Bourges. La préfecture du Cher (17 hôtels, 893 places en 2026) consolide son rôle de pôle hôtelier régional, tirant parti de son statut de ville d'art et d'histoire et du festival du Printemps de Bourges. Le Cher est ainsi le seul département de la région à terminer la période avec une capacité en progression.
  • Eure-et-Loir (28)  —  L'Eure-et-Loir perd 3 hôtels sur deux ans (−4,6 %), tous concentrés sur la période 2025-2026. Sa capacité recule modérément (−43 places, −1,7 %). Chartres, avec sa cathédrale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, reste le principal pôle hôtelier du département (16 hôtels, 895 places en 2026). Le département bénéficie d'une position géographique favorable, à moins d'une heure de Paris, qui génère une demande hôtelière mixte entre tourisme culturel de court séjour et clientèle d'affaires.
  • Indre (36)  —  L'Indre maintient son parc stable sur deux ans (55 hôtels en 2024 comme en 2026, avec une légère hausse à 57 en 2025). Sa capacité progresse de +75 places (+5,3 %) sur la période, ce qui en fait l'un des seuls départements de la région à afficher une progression en volume de places. Ce résultat positif est à tempérer par la taille modeste du parc (55 hôtels) et la faiblesse de la capacité moyenne (27,0 places par hôtel), qui reflète un tissu de très petites structures rurales.
  • Indre-et-Loire (37)  —  Premier département hôtelier de Centre-Val de Loire, l'Indre-et-Loire enregistre la contraction la plus sévère de la région : −17 hôtels en deux ans (−8,9 %) et −342 places (−5,4 %). Ce recul est d'autant plus notable que le département concentrait 30,8 % du parc régional en 2024. Tours, capitale régionale avec 47 hôtels et 2 143 places en 2026, voit son parc reculer de 2 hôtels. Amboise (19 hôtels, +1 sur deux ans) résiste bien grâce à son positionnement patrimonial haut de gamme. La perte est particulièrement marquée dans les communes rurales du Val de Loire, où les petites structures peinent à se maintenir face aux exigences de mise aux normes et à la concurrence des meublés touristiques.
  • Loir-et-Cher (41)  —  Le Loir-et-Cher perd 5 hôtels sur deux ans (−4,4 %), avec une baisse modérée et régulière. Sa capacité en places reste stable, voire légèrement positive (+20 places, +0,6 %). Blois (23 hôtels, 1 062 places en 2026) est en progression sur les deux indicateurs, ce qui constitue un signal positif pour ce département qui abrite plusieurs des châteaux les plus visités de la Loire (Chambord, Cheverny, Chaumont).
  • Loiret (45)  —  Le Loiret présente une trajectoire atypique : après une progression en 2025 (+4 hôtels), il recule nettement en 2026 (−8 hôtels), pour terminer à 125 établissements, soit −4 sur la période (−3,1 %). Sa capacité en places progresse néanmoins de +214 places (+4,8 %) sur deux ans, portée par la forte hausse à Orléans (23 hôtels, 1 190 places en 2026, +123 places vs 2024) et à Saran (+3 hôtels, +214 places). Le Loiret bénéficie d'une double attractivité : le rayonnement culturel d'Orléans et son positionnement de hub logistique et d'affaires au carrefour des autoroutes A10, A19 et A71.
 

Capacité d'accueil — nombre de places

La capacité totale du parc hôtelier de Centre-Val de Loire s'élevait à 20 528 places en 2024. Elle a progressé en 2025 (+184 places, +0,9 %), avant de reculer légèrement en 2026 (−214 places, −1,0 %). Sur l'ensemble de la période, la capacité régionale perd 30 places, soit une variation quasi nulle de −0,1 %. Ce résultat remarquable — une capacité stable malgré la perte de 29 établissements — confirme le phénomène de concentration observé à l'échelle nationale : les hôtels qui ferment sont petits, ceux qui restent ou s'ouvrent sont plus grands. La capacité moyenne par établissement illustre parfaitement cette dynamique : elle passe de 33,1 places par hôtel en 2024 à 34,7 en 2026 (+4,8 %). Le Loiret enregistre la plus forte progression de capacité moyenne (+2,8 places), tandis que l'Eure-et-Loir conserve la plus haute capacité moyenne de la région (40,8 places par hôtel en 2026), reflet de la présence de grands hôtels d'affaires dans l'agglomération de Chartres et dans les zones industrielles de la Beauce.

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Capacité moyenne par établissement


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Répartition par classement — les 3 étoiles en progression, les non classés en recul

L'analyse par classement du parc hôtelier de Centre-Val de Loire révèle une structure en mutation, avec une polarisation croissante entre les segments en croissance et ceux en déclin.

  • Les hôtels 3 étoiles sont le seul grand segment à progresser en nombre d'établissements : +4 hôtels (+1,8 %) sur deux ans, et une capacité en forte hausse (+512 places, +6,1 %). Ce segment, cœur du parc régional avec 230 établissements en 2026 (38,9 % du total), est soutenu par des montées en gamme depuis le 2 étoiles et par des créations dans les villes d'art.
  • Les hôtels 5 étoiles gagnent 1 établissement supplémentaire (+8,3 %), confirmant un positionnement haut de gamme croissant, notamment dans le Val de Loire touristique.
  • Les hôtels 4 étoiles restent quasi stables (−1 établissement, −1,5 %), avec une légère baisse de capacité (−118 places, −3,5 %).
  • Les hôtels 2 étoiles reculent de −14 établissements (−9,4 %) et −262 places (−5,5 %), reflétant la pression sur ce segment intermédiaire concurrencé par le 3 étoiles rénové en haut et les hébergements alternatifs en bas.
  • Les hôtels 1 étoile perdent 2 établissements (−10,5 %) et 185 places (−20,5 %), confirmant la marginalisation de ce segment dans la région.
  • Les non classés enregistrent le recul le plus net : −17 établissements (−11,4 %), mais leur capacité reste quasi stable (−23 places), signe que les fermetures concernent de très petites structures.
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Les principales communes hôtelières de Centre-Val de Loire

La géographie hôtelière de Centre-Val de Loire est organisée autour d'un axe ligérien fort — Tours, Blois, Orléans, Amboise — auquel s'ajoutent les capitales départementales en arrière-pays. Tours domine largement le classement avec 47 hôtels et 2 143 places en 2026, représentant à elle seule 7,9 % des établissements et 10,5 % des places de la région. Malgré un léger recul (−2 hôtels, −42 places sur deux ans), Tours reste la première destination hôtelière régionale, portée par son attractivité touristique, universitaire et d'affaires.

Blois (23 hôtels, 1 062 places) et Orléans (23 hôtels, 1 190 places) se partagent la deuxième position en nombre d'établissements, toutes deux en progression sur la période. Orléans affiche la plus forte croissance de capacité parmi les grandes villes (+123 places, +11,5 % en deux ans), reflétant des créations ou extensions d'établissements dans la métropole. Amboise (19 hôtels, 557 places), bien que de taille modeste, affiche une progression remarquable qui témoigne de l'attractivité hôtelière du château d'Amboise et du site de la dernière demeure de Léonard de Vinci. Saran, commune périphérique d'Orléans à vocation logistique et industrielle, enregistre la plus forte progression relative du top 10 : +3 hôtels et +214 places en deux ans.

CVL6

 

Synthèse et perspectives

Le parc hôtelier de Centre-Val de Loire sur la période 2024-2026 présente un bilan contrasté : une contraction du nombre d'établissements plus forte que la moyenne nationale (−4,7 % contre −3,9 % pour ARA ou −3,5 % pour BFC), conjuguée à une capacité quasi stable (−0,1 %) et à une montée en gamme perceptible dans le segment 3 étoiles. La chute brutale de 30 établissements en 2026 — après une stabilité en 2025 — est le signal le plus préoccupant de la période.

Points de vigilance

  • L'Indre-et-Loire, premier département de la région, subit la contraction la plus sévère (−8,9 % en établissements, −5,4 % en places). La fragilité du parc hôtelier dans les communes rurales du Val de Loire touristique mérite une attention particulière de la part des acteurs locaux.
  • La chute de 30 établissements en 2026, après une quasi-stabilité en 2025, suggère que des facteurs conjoncturels (hausse des coûts énergétiques, durcissement des normes, pressions sur la rentabilité) ont déclenché une vague de fermetures qui pourrait se prolonger.
  • Les 2 étoiles reculent de −9,4 % en établissements dans une région dont ce segment représentait historiquement le socle de l'offre dans les villages ligériens. Leur disparition fragilise l'accueil d'une clientèle touristique à budget intermédiaire.
  • Chinon (−2 hôtels sur deux ans) et Chambray-lès-Tours (stable mais avec une baisse de capacité de −78 places) signalent une légère érosion dans des communes à forte valeur patrimoniale.


Signaux positifs

  • Le Cher et l'Indre maintiennent leurs parcs stables, voire en légère progression de capacité, signe d'une résilience dans les territoires ruraux moins exposés à la pression concurrentielle.
  • Orléans, Blois et Amboise affichent des progressions en nombre d'établissements et en capacité, confirmant la vitalité hôtelière des villes de la Loire bénéficiant d'un tourisme patrimonial structuré et d'une clientèle d'affaires régulière.
  • Le segment 3 étoiles progresse de +4 établissements et +512 places : c'est le seul grand segment en croissance nette, témoignant d'une requalification du parc vers un positionnement intermédiaire de qualité, bien adapté à la clientèle du Val de Loire.
  • La capacité moyenne par hôtel progresse dans tous les départements (+4,8 % en moyenne régionale), signe d'une meilleure capitalisation des établissements subsistants et d'une plus grande solidité économique du parc résiduel.
   
 

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