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Parc hôtelier du grand est
Parc hôtelier du Grand Est

Parc hôtelier du Grand Est

Ratios et indicateurs en hôtellerie /
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Le Grand Est est une grande région frontalière de l'est de la France, née en 2016 du regroupement des anciennes régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. Elle partage ses frontières avec le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et la Belgique, ce qui lui confère une attractivité touristique et économique singulière, renforcée par une forte densité d'institutions européennes à Strasbourg. Avec dix départements et une superficie parmi les plus vastes de France, le Grand Est présente une diversité de territoires remarquable : la plaine d'Alsace et ses vignobles, la Champagne et ses coteaux classés à l'UNESCO, les massifs vosgiens, les forêts ardennaises et les plateaux lorrains.

Son parc hôtelier, l'un des plus importants de France avec 1 171 hôtels et plus de 45 500 places en 2026, reflète cette diversité géographique et économique. Il est structuré autour de deux grandes métropoles — Strasbourg et Reims — et d'une constellation de villes moyennes (Metz, Nancy, Mulhouse, Colmar, Troyes) auxquelles s'ajoutent des destinations touristiques spécialisées comme la Route des Vins d'Alsace ou les stations vosgiennes. Fait notable : la capacité totale du parc progresse légèrement sur deux ans (+220 places, +0,5 %), malgré la perte de 48 établissements, signe d'une restructuration vers des structures plus grandes et mieux positionnées.

Cette analyse s'appuie sur les données officielles de l'INSEE issues de l'enquête TOUR_CAP_HOTELS et couvre trois millésimes consécutifs — 2024, 2025 et 2026 — pour les dix départements du Grand Est : les Ardennes (08), l'Aube (10), la Marne (51), la Haute-Marne (52), la Meurthe-et-Moselle (54), la Meuse (55), la Moselle (57), le Bas-Rhin (67), le Haut-Rhin (68) et les Vosges (88).

 

Chiffres clés 2024 — 2025 — 2026

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Évolution du nombre d'établissements hôteliers


Le Grand Est comptait 1 219 hôtels au 1er janvier 2024. Ce parc a reculé à 1 198 établissements en 2025 (−21, soit −1,7 %), puis à 1 171 en 2026 (−27, soit −2,3 %). Sur l'ensemble de la période, la région perd 48 hôtels, représentant une contraction de 3,9 % du parc régional. Ce chiffre est identique à celui d'Auvergne-Rhône-Alpes et légèrement supérieur à la tendance nationale, traduisant une pression structurelle continue sur les petits établissements. La concentration géographique du parc est frappante : le Bas-Rhin (293 hôtels) et le Haut-Rhin (235 hôtels) représentent à eux seuls 45 % des établissements régionaux, grâce à l'attractivité exceptionnelle de l'Alsace. À l'autre extrémité, la Meuse (38 hôtels) et les Ardennes (46 hôtels) restent les départements les moins dotés, reflet de territoires à dominante rurale et industrielle en reconversion. Le Haut-Rhin subit la plus forte contraction absolue (−14 hôtels sur deux ans, −5,6 %), tandis que la Haute-Marne est le seul département à retrouver son niveau de 2024 après un léger creux en 2025.

GE 2  

Analyse département par département


  • Ardennes (08)  —  Les Ardennes maintiennent leur parc stable entre 2024 et 2025 (49 hôtels), avant de perdre 3 établissements en 2026 (−6,1 %). Ce département, longtemps marqué par le déclin industriel, dispose d'un tissu hôtelier modeste concentré autour de Charleville-Mézières (11 hôtels, 388 places, stable sur 3 ans). Sa capacité moyenne reste faible (23,5 places par hôtel en 2026), reflet de petites structures indépendantes souvent en difficulté.
  • Aube (10)  —  L'Aube perd 3 hôtels sur deux ans (−4,3 %), mais sa capacité reste quasi stable (+21 places, +0,8 %). Troyes, ville d'art et d'histoire et pôle commercial majeur, enregistre une progression remarquable : +1 hôtel et +112 places entre 2024 et 2026, portée par l'ouverture ou l'extension d'un établissement de grande capacité. Le dynamisme de Troyes — ville des outlets et du patrimoine à colombages — soutient une demande hôtelière mixte, entre clientèle de loisirs et clientèle d'affaires.
  • Marne (51)  —  La Marne est le département qui présente la dynamique de capacité la plus remarquable de la région : malgré la perte de 7 hôtels (−5,5 %), sa capacité en places bondit de +569 places (+10,8 %) en deux ans, pour atteindre 5 852 places en 2026. Cette progression spectaculaire est essentiellement portée par Reims, dont la capacité passe de 2 090 à 2 670 places (+580 places, +27,8 %). L'ouverture ou l'extension de grands hôtels dans la capitale champenoise — en lien avec le développement du tourisme du champagne et des événements MICE — explique cette évolution. La capacité moyenne par hôtel de la Marne atteint 48,4 places en 2026, la plus élevée de la région après la Moselle.
  • Haute-Marne (52)  —  La Haute-Marne présente une trajectoire atypique : légère baisse en 2025 (−1 hôtel), puis retour au niveau de 2024 en 2026 (50 hôtels). C'est le seul département du Grand Est à terminer la période avec le même nombre d'établissements qu'au départ. Sa capacité recule cependant de −69 places (−5,5 %), signe que des établissements de taille modeste se maintiennent au détriment d'unités plus grandes qui ont fermé.
  • Meurthe-et-Moselle (54)  —  La Meurthe-et-Moselle perd 5 hôtels sur deux ans (−6,3 %) et 166 places (−4,5 %). Nancy, capitale de la Lorraine historique avec sa célèbre place Stanislas classée à l'UNESCO, voit son parc reculer de 24 à 22 hôtels entre 2024 et 2026, avec une baisse de capacité de −44 places. Cette évolution traduit la fragilité d'un marché hôtelier nancéien où la demande d'affaires, bien que solide, ne suffit pas à compenser la pression sur les petites structures.
  • Meuse (55)  —  La Meuse, département le moins peuplé et le moins doté de la région en hôtels (38 établissements), affiche une stabilité remarquable : −1 hôtel seulement sur deux ans et une capacité identique en 2025 et 2026 (924 places). Le département, marqué par la mémoire des batailles de la Première Guerre mondiale — Verdun reste la principale destination touristique — dispose d'un parc hôtelier modeste mais stable, adossé à un tourisme mémoriel et de pèlerinage à fort potentiel.
  • Moselle (57)  —  La Moselle perd seulement 2 hôtels sur deux ans (−1,6 %) tout en maintenant sa capacité quasi stable (−13 places, −0,2 %). Avec une capacité moyenne de 48,4 places par hôtel en 2026 — la plus élevée de la région ex æquo avec la Marne —, la Moselle dispose d'un parc hôtelier structurellement solide. Metz (27 hôtels, 1 689 places en 2026), dont la vie culturelle s'est affirmée avec le Centre Pompidou-Metz, maintient un parc dynamique avec une capacité en légère progression.
  • Bas-Rhin (67)  —  Le Bas-Rhin est le premier département hôtelier du Grand Est avec 293 hôtels et 12 852 places en 2026. Son parc se contracte modérément (−5 hôtels, −1,7 %), avec une capacité quasi stable (+69 places, +0,5 %). Strasbourg domine le classement régional et national avec 85 hôtels et 5 792 places en 2026, en progression continue. La capitale européenne, siège du Parlement européen et du Conseil de l'Europe, génère une demande hôtelière d'affaires et institutionnelle exceptionnellement stable, qui attire les investissements dans des établissements haut de gamme.
  • Haut-Rhin (68)  —  Le Haut-Rhin subit la plus forte contraction de la région en valeur absolue : −14 hôtels sur deux ans (−5,6 %) et −119 places (−1,4 %). Colmar (31 hôtels, 1 751 places), troisième ville hôtelière du Grand Est, maintient un parc stable mais voit sa capacité légèrement reculer. La Route des Vins d'Alsace, qui traverse le département du nord au sud, génère une demande touristique soutenue mais saisonnière, qui fragilise la rentabilité des petits hôtels en basse saison.
  • Vosges (88)  —  Les Vosges perdent 8 hôtels sur deux ans (−6,0 %), avec une accélération en 2026 (−7 hôtels). Sa capacité recule de −34 places (−1,1 %). Gérardmer (20 hôtels, 518 places en 2026) reste la principale station hôtelière du massif vosgien, mais son parc recule de 2 hôtels sur la période. Les Vosges, prisées pour les sports d'hiver et la randonnée, souffrent de la concurrence des locations meublées et de la fragilité de leurs petites structures familiales face aux coûts de rénovation énergétique.
 

Capacité d'accueil — nombre de places

La capacité totale du parc hôtelier du Grand Est s'élevait à 45 294 places en 2024. Elle a légèrement reculé en 2025 (−171 places, −0,4 %), avant de progresser en 2026 (+391 places, +0,9 %), pour atteindre 45 514 places. Sur l'ensemble de la période, la capacité régionale gagne 220 places, soit +0,5 %. Ce résultat positif — une capacité en progression malgré la perte de 48 établissements — est particulièrement remarquable et s'explique principalement par la montée en puissance de Reims (+580 places) et de Strasbourg (+270 places).

La capacité moyenne par établissement progresse de 37,2 à 38,9 places par hôtel (+4,6 %), confirmant la tendance à la concentration vers de plus grandes structures. La Marne connaît la progression la plus spectaculaire (+7,1 places par hôtel), tandis que la Haute-Marne est le seul département à voir sa capacité moyenne reculer (−1,4 place), reflet de la fermeture d'établissements de taille supérieure à la moyenne.


GE 3

Capacité moyenne par établissement

GE 4 Répartition par classement — une montée en gamme marquée, une chute des non classés


L'analyse par classement du parc hôtelier du Grand Est révèle une dynamique de restructuration qualitative très nette sur la période 2024-2026. Alors que le nombre total d'établissements recule, les segments supérieurs progressent fortement en nombre et en capacité, tandis que les non classés s'effondrent.

  • Les hôtels 4 étoiles enregistrent la progression absolue la plus forte : +14 établissements (+9,6 %) et +1 480 places (+16,9 %). Cette dynamique est portée par des créations ou montées en classement à Strasbourg, Reims et Metz, villes qui concentrent la demande MICE et la clientèle internationale.
  • Les hôtels 5 étoiles gagnent 2 établissements (+9,1 %) et 40 places (+3,9 %), confirmant le positionnement premium de certaines destinations du Grand Est, notamment à Strasbourg et dans le vignoble alsacien.
  • Les hôtels 3 étoiles, segment le plus représenté, progressent de +17 établissements (+3,9 %) et +1 035 places (+6,0 %), un résultat remarquable qui fait du Grand Est l'une des rares régions où ce segment est en croissance nette.
  • Les hôtels 2 étoiles reculent légèrement : −5 établissements (−2,3 %) et −154 places (−1,8 %), une contraction modérée par rapport à d'autres régions.
  • Les hôtels 1 étoile progressent légèrement en nombre (+1 établissement) mais surtout en capacité (+288 places, +25,1 %), signe de quelques créations de petits hôtels accessibles.
  • Les non classés subissent l'effondrement le plus sévère : −77 établissements (−20,6 %) et −2 469 places (−28,0 %). Cette chute massive est le principal facteur de la contraction du parc régional et traduit soit des fermetures définitives, soit des obtentions de classements qui ont sorti ces établissements de la catégorie non classée.
  GE 5  

Les principales communes hôtelières du Grand Est


La géographie hôtelière du Grand Est est dominée par Strasbourg, qui s'impose comme l'une des premières places hôtelières de France avec 85 hôtels et 5 792 places en 2026, en progression régulière sur les trois années (+1 hôtel, +270 places). La capitale alsacienne et européenne concentre à elle seule 7,3 % des établissements et 12,7 % des places de la région. Son positionnement comme siège d'institutions européennes et ville de congrès de rang international lui assure une demande hôtelière exceptionnellement stable et une montée en gamme continue de son parc.

Reims (44 hôtels, 2 670 places en 2026) se distingue par la progression de capacité la plus spectaculaire du Grand Est : +2 hôtels et +580 places en deux ans (+27,8 %). La ville du sacre des rois de France, dont les coteaux de champagne sont classés à l'UNESCO depuis 2015, bénéficie d'un afflux d'investissements hôteliers haut de gamme portés par l'essor du tourisme champenois. Colmar (31 hôtels, 1 751 places) et Metz (27 hôtels, 1 689 places) complètent le trio des grandes destinations alsacienne et lorraine. Nancy (22 hôtels, 1 211 places) recule légèrement, tandis que Troyes (17 hôtels, 774 places) progresse grâce à son attractivité commerciale et patrimoniale.

GE 6

Synthèse et perspectives

Le parc hôtelier du Grand Est sur la période 2024-2026 offre un tableau contrasté mais globalement positif pour les investisseurs : si le nombre d'établissements recule (−48 hôtels, −3,9 %), la capacité totale progresse légèrement (+220 places, +0,5 %) et les segments supérieurs affichent des dynamiques de croissance remarquables. Le Grand Est se distingue des autres grandes régions françaises par la vigueur de sa montée en gamme : les 3, 4 et 5 étoiles progressent tous en nombre d'établissements, une configuration rare à l'échelle nationale.

Points de vigilance

  • Les non classés s'effondrent de −20,6 % en établissements et −28,0 % en places : cette chute massive, bien que partiellement compensée par des obtentions de classement, traduit une fragilité structurelle dans les territoires ruraux des Ardennes, de la Meuse, de la Haute-Marne et des Vosges.
  • Le Haut-Rhin perd 14 hôtels en deux ans (−5,6 %), une contraction qui affecte un département pourtant très touristique. La saisonnalité marquée de la Route des Vins d'Alsace fragilise les petits hôtels qui n'ont pas la taille critique pour absorber les charges fixes en basse saison.
  • Nancy recule de 2 hôtels et 44 places sur deux ans. La capitale lorraine, malgré son patrimoine exceptionnel (place Stanislas), souffre d'une concurrence accrue des hébergements alternatifs et de la concurrence de Metz, dont l'attractivité culturelle s'est affirmée avec le Centre Pompidou-Metz.
  • Les Vosges perdent 8 hôtels en deux ans : les stations de montagne vosgiennes sont exposées à la concurrence des locations meublées et aux contraintes de rénovation énergétique qui pèsent lourdement sur les petits opérateurs indépendants.

Signaux positifs

  • Strasbourg confirme sa position de locomotive hôtelière régionale et nationale, avec un parc en progression continue et une capacité 4 et 5 étoiles parmi les plus denses de France. La ville bénéficie d'une demande institutionnelle et événementielle qui la protège des cycles économiques.
  • Reims affiche la plus forte progression de capacité de la région (+580 places en deux ans), portée par des investissements hôteliers haut de gamme liés à l'essor du tourisme champenois. Elle s'impose comme l'un des marchés hôteliers les plus dynamiques de France.
  • La progression des 3, 4 et 5 étoiles — simultanément et dans un contexte de contraction du nombre total d'établissements — témoigne d'une montée en gamme structurelle du parc du Grand Est, bien supérieure à la moyenne nationale.
  • La capacité totale régionale progresse légèrement (+0,5 %), ce qui distingue le Grand Est de la plupart des autres régions françaises où la capacité recule. Ce résultat est le reflet d'un marché hôtelier qui attire des investissements qualitatifs dans ses pôles majeurs.
   

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